Après une pression maintenue sur une longue durée, gare au burnout

Burnout : déjouer ses pièges même en subissant une pression constante

Nous sommes dans une société qui nous impose la performance, la perfection. C’est particulièrement vrai dans le monde du travail qui, loin de faire l’exception, donne plutôt le “la”. Mais nous ne sommes pas des machines, et ce qui nous différencie d’elles c’est bien notre capacité d’éprouver des sentiments, des émotions. A vouloir être toujours plus compétitifs, toujours plus productifs, notre tentative de nous transformer en bête à produire se solde par un échec et c’est le burnout qui nous rappelle à l’ordre.

 

Drogues et travail, le cocktail parfait pour un burnout explosif

Cocaïne, MD, Adderall, sont les drogues les plus utilisées dans le monde du travail. Pour répondre à cette pression de la compétitivité, certains vont même jusqu’à les utiliser quotidiennement. À tel point que, selon l’Observatoire Français des Drogues et des Toxicomanies, huit dirigeants sur dix sont préoccupés par les questions de toxicomanie et leurs impacts au travail. Elles procurent à ses consommateurs le sentiment d’être plus concentrés, plus efficaces, meilleurs. Un ami m’a même fait un état des lieux de ses victoires grâce à la drogue, à ce qu’il n’aurait “jamais réussi à faire s’il ne s’était pas drogué“. Sans compter les effets néfastes sur la santé à long terme, il est avéré que ce sentiment n’est pourtant qu’un leurre. En effet, en réalité nous ne sommes pas plus productifs sous l’emprise de la drogue. Pour preuve, un rapport de l’OFDT indique que près des deux tiers des dirigeants interrogés déplorent un impact sur l’efficacité au travail (64%) et sur la qualité du travail fourni (63%). D’autre part, la Docteur Martha Farah, spécialiste des neurosciences cognitives de l’Université de Pennsylvanie, a mené une expérience tout à fait intéressante. Son expérience a permis de mettre en lumière que la seule différence notable entre la prise de drogue, en l’occurence d’Adderall, et la prise d’un placebo est le renforcement de la confiance en soi… en aucun cas une amélioration des performances cognitives. Mais alors pourquoi nous croyons-nous si performants sous l’emprise de drogues ?

” Les amphétamines ne rendent pas intelligent. En revanche elles permettent de rester éveiller alors qu’on devrait dormir.”
– Dr. Carl Hart, Professeur de psychologie, Université Columbia, New York

Ce qui se passe concrètement, c’est que ces drogues activent les mêmes chemins neurologiques que ceux de la satisfaction ou de la récompense. Donc on pense avoir été plus performant, on a plus confiance en soi mais dans les faits on n’est ni plus productif, ni plus intelligent. Au contraire, à prioriser la performance au travail au détriment de notre santé, c’est nous-même que nous tuons à petit feu. D’ailleurs, quelque chose m’interpèle particulièrement dans le fait de se droguer pour travailler. A la base, prendre des drogues a une fin récréative, c’est pour s’amuser ou fuir la réalité. Ce qui me surprend, c’est qu’on en prend dorénavant pour travailler davantage. Où en sommes-nous dans l’aliénation ?

Si je me permets de parler des drogues en premier lieu c’est parce que j’ai l’impression que c’est un sujet tabou. Quelque chose que l’on n’évoque pas assez souvent, comme s’il n’y avait pas besoin de mise en garde. Pourtant, j’ai dans mon entourage beaucoup trop de personnes qui prennent des drogues pour être plus productives et je doute que ces cas soient isolés. Voyons les choses en face, il est très fort probable que votre entourage compte son lot de drogués… Peut-être avez-vous recours à ces substances vous-même. Je pense vraiment que c’est une erreur de calcul. Des techniques existent pour être plus productif sans s’oublier en chemin et sans mettre en péril sa santé.

 

Des montagnes à perte de vue

L’un des aspects les plus pernicieux de cette quête de la productivité, c’est qu’il s’agit d’une chimère. En fait, le flow de tâche urgentes, de travaux importants, de choses à rendre pour la veille est incessant. Pour autant que j’ai pu le constater en tout cas, quand je me presse pour terminer un travail important, je me rends compte qu’à peine terminé, un autre surgit… puis un autre, et encore un autre, et ainsi de suite. Courir, toujours, pour les terminer le plus vite possible, c’est le burnout assuré. Il est essentiel d’en prendre conscience !

Et c’est vrai quand on y pense. Nous passons plus de temps en entreprise qu’à la maison. Parfois même, nous travaillons depuis chez nous. La vie d’entreprise est un long marathon qui dure toute la vie, en tout cas jusqu’à la retraite. Imagineriez-vous courir un marathon en sprint et en recommencer un autre dès que vous avez terminé le précédent ? Pour éviter le burnout, il est important de lever le pied.

A priori, vous me direz que c’est plus facile à dire qu’à faire. Vous avez raison et j’ai bien conscience que lorsqu’on est sur-sollicité, c’est difficile de ne pas répondre présent. D’autant plus lorsqu’on a une conscience professionnelle et qu’on veut toujours donner le meilleur de soi. Permettez-moi tout de même de vous poser cette question : est-ce que vous pensez vraiment donner le meilleur de vous même lorsque vous êtes fatigué.e, stressé.e, à bout de souffle et de nerfs ? Je n’en suis pas si sûr. En revanche, il me semble qu’en s’appliquant avec bienveillance deux règles de vie – je dis bien de vie, pas de travail – simples, nous pouvons être bien plus efficaces et bien plus paisibles.

 

Règles de vie simples pour éviter le burnout

Maÿlis, notre DRH, me dit parfois que je suis “d’un calme olympien” et Michael, associé chez Aaron Brainwave que j’ai un “flegme légendaire“. Je les salue et les remercie au passage. Bien sûr ça flatte l’ego, mais concrètement je ne crois pas qu’il s’agisse d’un trait de caractère spécifique ou de quelque chose d’inné, encore moins d’une sorte de don. Aussi paradoxal que ça puisse paraître, relativiser et lâcher prise permet d’être plus performant. Non pas que vous allez faire plus, mais vous le ferez mieux. Voici deux règles très basiques qui m’ont beaucoup aidé et qui, je l’espère, vous donneront matière à réfléchir..

 

S’accorder le droit à la déconnexion (pour de vrai)

Comme je l’ai souvent rappelé, Orchid est présent dans 8 pays à travers le monde. Tant et si bien que nous travaillons simultanément sur plusieurs time zone. Avec des interlocuteurs aussi dispersés, je reçois des messages et des emails à toute heure du jour ou de la nuit. Tant et si bien que ce flux incessant de notifications et de vibrations m’a beaucoup stressé. Au bout de quelques mois, je me sentais presque aliéné. Je voulais répondre à tout le monde, tout le temps. Il m’a fallu du temps pour assimiler que ce ne serait humainement pas possible. Par chance, j’en ai pris conscience, in extremis, à deux centimètres du burnout.

Mais tout de même, se réveiller tous les matins avec plus de 50 notifications est une source de stress. Pour remédier à cela, j’ai pris des mesures plutôt radicales, je le reconnais. Pour commencer, je suis allé dans les paramètres de mon téléphone et j’ai désactivé les notifications pour toutes mes applications, sans exception. Au final, sur mes 50 notifications matinales, très peu méritaient vraiment mon attention. Ensuite, j’ai activé la fonction Android qui permet de basculer en mode “ne pas déranger” à partir du certaine heure que j’ai fixée à 22h. Donc, dès 22h seuls mes contacts favoris font sonner mon téléphone lorsqu’ils m’appellent. Les autres peuvent attendre le lendemain. Bien sûr, cela ne m’empêche pas de relever mes mails et de consulter Slack une dernière fois avant de me coucher… voire de répondre quand c’est nécessaire (ou même quand ça ne l’est pas forcément). Mais au moins, c’est moi qui choisi de le faire, ce n’est pas une notification qui me rappelle à l’ordre.

D’autre part, à des moments clefs de la journée, je pose mon téléphone, écran face contre table, et je ferme mon ordinateur. Par exemple, quand je travaille depuis la maison je profite de ces instants pour être pleinement présent avec ma famille. Nous cuisinons ensemble, nous mangeons ensemble et nous discutons. Ou encore, je fais des micros pauses quotidiennes pendant lesquelles je respire, prend le temps d’un café ou d’une méditation. Ces espaces de déconnexion sont de véritables bulles d’oxygène dans mes journées. Elles me permettent de reprendre le travail dans les conditions les plus favorables à la concentration et, de fait, à la productivité.

 

Reculer pour mieux sauter

On a souvent tendance à croire que le fait de ne rien faire est contre productif mais c’est tout le contraire. Ce qui nous différencie des machines, aussi intelligentes puissent-elles être artificiellement, c’est notre capacité à réfléchir, à nous poser des questions, à nous émouvoir et à éprouver des sentiments… à avoir une conscience de notre existence et de notre finitude. Se couper de ces réflexions, c’est en quelques sortes tourner le dos à son humanité. C’est précisément ce que fait cette injonction infernale de la productivité : elle crée un clivage entre nous et nous-même, et nous ne nous offrons plus le temps de ne rien faire.

“Ne rien faire”, c’est presque devenu une grossièreté. C’est assez inquiétant car je me rends compte que j’éprouve une sorte de malaise rien qu’en l’écrivant. Pourtant, je suis convaincu que cette activité est essentielle pour notre développement cognitif et que ce même développement cognitif est fondamental, y compris dans le monde du travail. Mais avant d’aller plus en détails, précisons d’emblée que “Ne rien faire” n’est pas une non-activité. Au contraire, il s’agit d’une activité intellectuelle et mentale intense, celle de la contemplation. Le docteur Philippe Rodet et le DRH Yves Desjacques nous précisent même dans leur livre « Le management bienveillant » qu’il faut sortir de l’idée que le temps de la réflexion ne sert à rien.

En effet, prendre le temps de la contemplation, prendre le temps de “ne rien faire”, nous permet de prendre du recul sur les situations. En ce faisant, nous sommes plus à même de trouver des solutions, des possibilités, ou de détecter des opportunités inattendues. D’autre part, ces phases de réflexions peuvent également être des phases de lecture, et donc d’apprentissage. Apprendre de nouvelles connaissances et compétences et les fusionner avec celles que vous avez déjà acquises est le meilleur moyen d’aller plus loin que ce que vous pensiez être capable de faire.

 

En définitive, nous le diabolisons sans cesse mais le burnout n’a rien d’un super puissant. Il ne tient qu’à nous de le tenir à l’écart et de ne lui offrir aucune brèche pour se hisser en  nous. Ces deux principes tout simples auxquels je fais référence dans cette publication m’ont personnellement beaucoup aidé. J’imagine bien sûr qu’il existe autant de techniques que de personnes. Si vous avez déjoué les pièges du burnout ou si vous avez surmonté ses attaques, je serais ravi de connaître vos techniques.

Amitiés,

Photo by Christian Sterk on Unsplash

Sources :

Observatoire Français des Drogues et des Toxicomanies : Impact des consommations de substances psychoactives sur le travail : le regard des dirigeants, des responsables RH et des représentants du personnel/syndicats

Netflix documentaire : “Take your pills

Usine Nouvelle : https://www.usinenouvelle.com/article/il-faut-sortir-de-l-idee-que-le-temps-de-la-reflexion-ne-sert-a-rien-estime-le-medecin-philippe-rodet.N568359

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