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Nous sommes en Colombie en ce moment. Quand je vois les conditions de vie des gens ici, je me demande comment ils font pour les accepter. Mais ce qui me surprend, c’est qu’ils sont heureux, et que ces conditions leurs suffisent. Pire, parfois ces conditions sont leurs plus grandes ambitions.
C’est vrai qu’ici les inégalités sont très marquées, et que changer de classe sociale est encore plus difficile qu’en France. Mais quand même, je m’interroge.
Cette ambition que je nourris de devenir riche, de ne plus jamais avoir de souci d’argent, d’acheter une villa de luxe, me donne, d’un côté, certe une raison de me lever le matin et de travailler autant. De l’autre côté en revanche, cette ambition me dévore de la frustration de n’y être toujours pas arrivé, de ne pas toujours voir comment y arriver, de la pression de réaliser quelque chose qui semble parfois impossible. Cela me rend malheureux et aigri souvent.
Je m’interroge donc.
Ces personnes qui sourient malgré l’indigence de leurs conditions de vie ont elles mieux compris le sens de la vie que moi ?